Une Quête infinie de l’Absolu.

 

Regards intenses qui répondent à la transparence des ciels, au cristal des eaux, silhouettes limpides, ardentes qui partagent l’éclat incandescent des pétales, cet hymne à la lumière subtile et dense, projetée sur des noirs profonds, féconde la toile d’une vie à la fois intemporelle et délicate, où la Beauté apparait à l’état pur.

Les compositions florales s’annoncent comme le miroir organisé des paysages naturellement et divinement harmonieux dont la diversité allégorique et pastorale rejoint la symphonie fluorescente des bouquets flamboyants.

Nés d’un même creuset, celui du talent inné de l’artiste, portraits, nus, paysages et bouquets fusionnent dans un même cisellement des lignes justes, des couleurs et des nuances harmonieuses.

La palette des baroques de « l’Age d’Or » hollandais traverse les siècles pour insuffler une technique picturale qui ne s’est jamais éteinte. Elle sillonne et butine le temps dans une alliance sublimée de la tradition affirmée et de la modernité créatrice.

De la puissance évocatrice, interrogative, apaisante, parfois même salvatrice des yeux qu’accompagnent l’intelligence des fronts, la volupté des lèvres et l’élégance des formes se dégagent une force sensorielle d’une extrême ferveur, un dialogue émotionnel spontané.

L’aspiration chaque fois renouvelée à la Beauté, exprimée dans des matrices humaines, paysagères ou d’une flore composée, inscrit résolument l’œuvre dans un univers hédoniste, serein et parfois mystérieux ; un univers qui ignore les altérations dégradantes, les violences abjectes d’une Terre en feu, et les faiblesses, les spasmes des âmes vacillantes. Cette constante d’harmonie et d’équilibre transcende l’huile et le pinceau et constitue un formidable appel à la sublimation de l’Etre.

Le « Beau », fondé sur l’exaltation inouïe et précise de la lumière et des ombres, des couleurs et de l’ordre naturel rappelle que le monde aurait pu atteindre l’absolue perfection si les seules et inépuisables ressources positives de l’Esprit conjuguées à l’Art avaient présidé à son destin.

Une œuvre qui par son sens et son message profonds mérite d’être amplifiée, accomplie dans sa plénitude, tant elle nous montre déjà la direction vers cette Quête infinie de l’Absolu qui sommeille dans chacun de nous, le chemin vers notre « Jardin d’Eden » le plus intime.

Frédéric CUILLERIER-DESROCHES